La théorie des intelligences multiples

 

1. Intelligence (linguistique) des mots

Profession-type : le journaliste, l’animateur de radio ou de télévision, le conteur, l’étudiant, le vendeur, le négociateur

Ici, on parle de la connaissance approfondie d’une langue, de la capacité d’articuler l’expression, de la capacité d’articuler la pensée elle-même.

L'intelligence linguistique (ou verbale) consiste à utiliser le langage pour comprendre les autres et pour exprimer ce que l'on pense. . Elle permet l'utilisation de la langue maternelle, mais aussi d'autres langues. C'est aussi l'intelligence des sons, car les mots sont des ensembles de sons. Les personnes auditives ont ainsi beaucoup plus de facilité à entendre des mots que de voir et de retenir des images.

Tous les individus qui manipulent le langage à l'écrit ou à l'oral utilisent l'intelligence linguistique : orateurs, avocats, poètes, écrivains, mais aussi les personnes qui ont à lire et à parler dans leur domaine respectif pour résoudre des problèmes, créer et comprendre. Victor Hugo maîtrisait à merveille ce type d'intelligence

 

2. Intelligence logico-mathématique

Il s’agit avant tout de l’utilisation des chiffres pour résoudre des problèmes concrets ou abstraits.

Profession type : le savant, le comptable, le programmeur.

Les chercheurs et chercheuses en biologie, en informatique, en médecine, en science pure ou en mathématique font preuve d'intelligence logico-mathématique. Ils utilisent les capacités intellectuelles qui y sont rattachées, soient la logique, l'analyse, l'observation, la résolution de problèmes. Cette forme d'intelligence permet l'analyse des causes et conséquences d'un phénomène, l'émission d'hypothèses complexes, la compréhension des principes pas toujours évidents derrière un phénomène, la manipulation des nombres, l'exécution des opérations mathématiques et l'interprétation des quantités.

Il existe une dimension non verbale et abstraite dans ce type de fonctionnement du cerveau, car des solutions peuvent être anticipées avant d'être démontrées. Albert Einstein est représentatif de cette forme d'intelligence.

 

3.  Intelligence spatiale (ou visuelle)

Profession type : l’artiste, le plasticien, le pilote, l’ingénieur, l’architecte, le cinéaste, ceux qui utilisent le multimédia.

Elle est basée sur le visuel. Il s’agit de l’aptitude à percevoir, à penser ou recréer le monde visible.

L'intelligence spatiale permet à l'individu d'utiliser des capacités intellectuelles spécifiques qui lui procurent la possibilité de se faire une représentation spatiale du monde dans son esprit. Les Amérindiens voyagent en forêt à l'aide de leur représentation mentale du terrain. Ils visualisent des points de repère : cours d'eau, lacs, type de végétation, montagnes … et s'en servent pour progresser; des navigateurs autochtones font de même et naviguent sans instrument dans certaines îles du Pacifique.

L'intelligence visuelle permet de créer des œuvres d'art et artisanales, d'agencer harmonieusement des vêtements, des meubles, des objets, de penser en images.

Les géographes, les peintres, les dessinateurs de mode, les architectes, les photographes, les cadreurs mettent à profit ce potentiel intellectuel. L'architecte Le Corbusier est un bon exemple.

 

4. Intelligence musicale

Capacité à percevoir, à apprécier les sons, les mélodies, les rythmes.

Profession type : le musicien, le danseur

L'intelligence musicale est la capacité de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les mémoriser, de les interpréter, d'en créer, d'être sensible à la musicalité des mots et des phrases… À l'âge de pierre, la musique jouait un rôle rassembleur. C'est d'ailleurs encore le cas dans un certain nombre de cultures. Dès la petit enfance, il existe une capacité « brute » concernant l'aspect musical.

Les virtuoses en ce domaine montrent leur intelligence en vous faisant vibrer par des nuances, des changements de rythme et d'autres variantes transmises par leur instrument de musique ou leur voix. Mozart est bon modèle de cette forme d'intelligence.

 

5. Intelligence physique ou kinesthésique (intelligence du corps, du mouvement)

Profession type : le chirurgien, l’athlète, l’artisan, le clown.

Il s’agit de l’aptitude à contrôler les mouvements de son corps, l’habilité à manipuler les objets.(N.B. Il s'agit aussi de la capacité de créer, i.e. de passer à l'action, d'actualiser ses différentes formes de compréhensions)

L'intelligence kinesthésique est la capacité d'utiliser son corps ou une partie de son corps pour communiquer ou s'exprimer dans la vie quotidienne ou dans un contexte artistique; pour réaliser des tâches faisant appel à la motricité fine; pour apprendre en manipulant des objets; pour faire des exercices physiques ou pratiquer des sports.

Pelé était un bon exemple; on disait de lui qu'il faisait des feintes et des passes intelligentes. Il existe donc un potentiel intellectuel qui permet par exemple au joueur de basket de calculer la hauteur, la force et l'effet du lancer au panier. Le cerveau anticipe le point d'arrivée du ballon et met en branle une série de mouvements pour résoudre le problème. Les possibilités d'expression de ses émotions par le corps, de performances physiques, d'utilisation adroite d'outils, montrent la présence d'un potentiel intellectuel à ce niveau.

 

6. Intelligence interindividuelle

Profession type : chef d’entreprise, le metteur en scène au théâtre, l’enseignant, l’éducateur.

Il s’agit de l’aptitude à comprendre les autres, à travailler avec eux, à deviner leurs humeurs, leur tempérament, leurs intentions, leurs désirs. On cherche ici à trouver le meilleur dans les autres, à les mobiliser à son avantage, à les motiver, à les écouter attentivement, à trouver en eux le meilleur.

L'intelligence interpersonnelle (ou sociale) permet à l'individu d'agir et de réagir avec les autres de façon correcte. Elle l'amène à constater les différences de tempérament, de caractère, de motifs d'action entre les individus. Elle permet l'empathie, la coopération, la tolérance. Elle permet de détecter les intentions de quelqu'un sans qu'elles ne soient ouvertement avouées. Cette forme d'intelligence permet de résoudre des problèmes liés aux relations avec les autres; elle permet de comprendre et de générer des solutions valables pour aider les autres. Elle est caractéristique des leaders et des organisateurs.

Dans les sociétés préhistoriques, l'organisation sociale était importante, la chasse nécessitait la collaboration et la participation du clan. Les groupes gravitaient autour d'un chef qui en assurait la solidarité et la cohésion.

Mère Térésa mettait à profit son intelligence interpersonnelle de façon exceptionnelle.

 

7. Intelligence introspective (intrapersonnelle)

Met l’accent sur (N.B. la réflexion) la méditation, la contemplation, la quête spirituelle. Plus individualiste, l’individu doué (de cette forme d’intelligence) préfère travailler seul. Jaloux de son indépendance, il pratique l’autodiscipline. (N.B Il est capable de reviser, de réfléchir sur son action, de passer en revue les différentes étapes ou composantes de son action et les différentes formes de compréhension utilisées.)

L'intelligence intrapersonnelle est l'aptitude à faire de l'introspection, c'est-à-dire à revenir à l'intérieur de soi, à identifier ses sentiments, à analyser ses pensées, ses comportements et ses émotions. Cette forme d'intelligence permet de se comprendre soi-même, de voir ce qu'on est capable de faire, de constater ses limites et ses forces, d'identifier ses désirs, ses rêves et de comprendre ses réactions. C'est aussi la capacité d'aller chercher de l'aide en cas de besoin. En somme, c'est être capable de se faire une bonne représentation de soi.

Cette forme d'intelligence permet de résoudre des problèmes reliés à notre personnalité et de travailler sur soi. Elle fonctionne en étroite relation avec l'intelligence interpersonnelle, car pour bien fonctionner avec les autres, il faut être conscient de ses propres émotions et savoir les contrôler. Daniel Goleman, l'auteur de l'intelligence émotionnelle est un exemple de ce type d'intelligence.

 

8. L’intelligence naturaliste  (dernière intelligence relevée par la recherche)

C'est la capacité de percevoir réellement les caractéristiques des choses et des patterns selon lesquels elles sont organisées. Ces personnes sont capables de grouper des objets, elles sont conscientes des subtilités dans l’apparence, la texture et les sons. Les collectionneurs, les naturalistes, les biologistes en sont des exemples.

L'intelligence naturaliste est l'intelligence de l'amérindien, du biologiste, du botaniste, de l'écologiste, de l'océanographe, du zoologiste, de l'explorateur, du chasseur, du pêcheur et du chef cuisinier. L'individu est capable de classifier, de discriminer, de reconnaître et d'utiliser ses connaissances sur l'environnement naturel, sur les animaux, sur les végétaux ou sur les minéraux. Il a une habileté à reconnaître des traces d'animaux, des modèles de vie dans la nature, à trouver des moyens de survie; il sait quels animaux ou plantes sont à éviter, de quelles espèces il peut se nourrir. Il a un souci de conservation de la nature.

Souvent les personnes chez lesquelles cette forme d'intelligence est bien développée aiment posséder un cahier de notes d'observation ou garder leurs observations en mémoire; elles aiment prendre soin d'animaux, cultiver un jardin et sont en faveur de l'établissement de parcs dans leur ville; elles sont adeptes de la conservation de leur environnement. Les peuples indigènes utilisent cette forme d' intelligence de façon exceptionnelle.

 

Intelligence globale (nous ne l'avons pas évalué)

Cette activité humaine fait appel à plusieurs intelligences et à la capacité de généraliser. Elle contrôle les autres formes d’intelligence et leur donne un sens moral et spirituel. (N.B.Il est est capable de faire appel aux différentes formes de compréhension qu'il possède,  pour évaluer son action et la corriger s'il y a lieu.)

 

Que faire avec cette théorie ?

    Ces formes d’intelligence se retrouvent chez tout individu à des degrés divers et peuvent être développées. On peut d’abord se questionner sur les formes d’intelligences les plus développées chez soi, mettre l’accent sur ces dernières et tenter de développer les autres afin de devenir une être humain le plus complet possible.

Pour l’étudiant(e)

    Pour l’apprenant, il s’agit pour lui de saisir les façons d’apprendre qui lui conviennent le plus, de chercher à exploiter en priorité ces façons particulières d’apprendre, de développer petit à petit les autres formes d’intelligence moins présentes et de compléter son apprentissage en utilisant ces autres formes d’intelligences, ce qui exige certainement des efforts soutenus.

    Attention, certains vont se servir d’une forme d’intelligence particulièrement développée chez eux comme prétexte au refus des autres formes d’intelligence. Par exemple, quelqu’un se prétendra visuel et refusera de mettre des efforts sur la lecture ou sur l’écoute d’un cours magistral, sous prétexte que ce n’est pas sa façon d’apprendre. Cette attitude, selon moi, relève davantage de la paresse intellectuelle. La présence particulière de certaines formes d’intelligence chez soi, ne devrait pas nous empêcher de développer et d’utiliser les autres outils d’apprentissage. Cela va certainement exiger des efforts supplémentaires mais ça risque d’être rentable pour tout individu.

    Dans cette communication par exemple, je suis particulièrement conscient d’utiliser principalement l’intelligence des mots. C'est à l’étudiant(e) de se poser des questions, de poser des questions au prof ou à son entourage, afin de visualiser les situations décrites par ces mots.

    On dit souvent qu’une image vaut mille mots ... Encore faut-il avoir les mots pour y comprendre quelque chose ! Comment penser si on n’a pas les mots pour le faire ? Avoir de l’intuition, c'est certainement valable ; mais on ne peut pas compter uniquement sur l’intuition. De plus, devant le monde de l’image, il est facile de rester passif ...

Pour aller plus loin :

http://mieux.apprendre.free.fr/intel_multiples.html